Tentative de coup d’Etat déjouée à Kinshasa : les détails d’une nuit de tension

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Les habitants de Kinshasa se sont réveillés ce dimanche matin au son des tirs dans le quartier central de La Gombe. Les échanges de coups de feu autour de la résidence de Vital Kamerhe, vice-Premier ministre de la RDC et allié du président Félix Tshisekedi, ont rapidement été qualifiés de « tentative de coup d’État » par le général Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée congolaise.

Vers 4 heures du matin, un groupe d’une vingtaine d’hommes armés, vêtus d’uniformes militaires, a attaqué la résidence de Kamerhe, située dans le quartier diplomatique de La Gombe. Malgré la forte sécurité habituelle de cette zone, les assaillants ont réussi à pénétrer le domicile. Vital Kamerhe a pu se cacher, mais deux policiers en charge de sa sécurité ont été tués, ainsi qu’un des assaillants.

Les agresseurs, apparemment venus par le fleuve, ont ensuite pris d’assaut le Palais de la nation, où ils ont remplacé le drapeau congolais par celui du Zaïre, ancienne dénomination de la RDC. La garde républicaine est intervenue pour les déloger, neutralisant plusieurs d’entre eux et capturant les autres. Selon les autorités, une quarantaine d’assaillants ont été arrêtés, et quatre, dont leur chef, Christian Malanga, un Congolais naturalisé américain, ont été tués.

Malanga, ancien officier devenu homme d’affaires et politicien

Il prônait l’avènement d’un nouveau Zaïre. Son fils Marcel et deux autres Américains, ainsi qu’un sujet naturalisé britannique, faisaient également partie du groupe.

La Première ministre Judith Suminwa et le vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba étaient aussi des cibles potentielles, selon les déclarations des assaillants capturés. L’entourage de Vital Kamerhe est persuadé que ce dernier était la principale cible de cette tentative d’assassinat, compte tenu de sa récente désignation comme candidat de l’Union sacrée de la nation à la présidence de l’Assemblée nationale.

Comment les assaillants ont-ils pu atteindre la capitale avec des armes lourdes et s’introduire dans des zones hautement sécurisées sans rencontrer de résistance significative ? Sur RFI, Bienvenu Matuma, responsable du mouvement citoyen Lucha, pointe du doigt des défaillances sécuritaires ou une possible complicité interne.

L’ambassadrice des Etats-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, quant à elle, a exprimé sa préoccupation face à l’implication de citoyens américains dans cet incident, promettant une coopération totale avec les autorités congolaises.

Cette situation survient alors que le pays se prépare à des échéances électorales. Les populations attendent une clarification des autorités.

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